Le Bal des folles – Victoria Mas (ou quand l’histoire reste la même)

Le Bal des folles – Victoria Mas (ou quand l’histoire reste la même)

Comme tous les ans, à la rentrée de septembre, j’essaie de lire quelques livres de la rentrée littéraire. Ça peut être uniquement pour le plaisir, lorsque le roman tant attendu est enfin là, ou dans le cadre professionnel. Cette lecture s’inscrit dans la deuxième catégorie. Je ne l’attendais pas, mais la quatrième de couverture me promettait monts et merveilles.

Le fameux résumé

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles.  Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles, d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques. Ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Et vous, ça vous met l’eau à la bouche ?

Alors déjà, l’anecdote : Victoria Mas n’est autre que la fille de Jeanne Mas. Voilà, je pose ça là.

Ah oui, c’est un premier roman.

J’ai aimé. J’ai aimé découvrir le fameux bal des folles, expérimentation loufoque, voyeuriste et irrespectueuse qui a lieu une fois par an. L’autrice nous plonge ici au cœur de la Salpêtrière, et pas dans ses meilleures années. En effet, cet hôpital a servi plusieurs années à interner les femmes. Oups, pardon, les folles. Les femmes folles. Sous couvert de santé publique et de soin, se retrouvaient dans ce lieu des femmes de toutes catégories sociales, qui avaient pour seule maladie de s’être défendue face à un homme abusif, ou encore d’avoir choisi sa propre vie. Bref, de déplaire au sexe opposé.

De fait, dans ce lieu était « soignée » (détenue) tout un tas de femmes. Et à cette époque, c’est Charcot qui mène la danse. Et dans cette danse, on découvre, entre autres,quatre femmes, résignées ou non.

Il y a Louise, adolescente abusée par son oncle et dont la seule réponse a été de la faire interner. Mais, pour protéger qui ?
Il y a Thérèse, ancienne prostituée, internée depuis des années après avoir poussé son souteneur violent dans la Seine.
Il y a Eugénie Cléry, issue d’une famille aisée. Mais Eugénie a des dons de spirite, ce qui n’est pas du goût de son père. Et hop, internée aussi pour sauver l’honneur de la famille.
Puis il y a Geneviève, infirmière dévouée du docteur Charcot.

Ce roman n’est finalement pas sur la folie des femmes, mais fondamentalement sur la folie des hommes qui imposent leur soi-disant suprématie, et décident de l’avenir des femmes.

Alors, j’ai appris des choses. En tout cas, ce récit m’a poussé à me renseigner un peu plus sur l’histoire de la Salpêtrière, sur qui était Charcot, et sur ce qu’était le bal des folles, folie parisienne du plus mauvais goût. Roman féministe emprunt de femmes fortes et dénonçant des agissements sexistes et misogynes, il est malheureusement, dans l’air du temps.

Le bal des folles, Victoria Mas, Albin Michel, 2019
Pour se le procurer, on n’hésite pas, c’est par-là.
Et l’extrait, bien évidement.

2 réflexions sur “Le Bal des folles – Victoria Mas (ou quand l’histoire reste la même)

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